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Le coteau de Guérande va retrouver sa vocation agricole

La séance du conseil municipal de lundi dernier a vu les élus se pencher sur l’aménagement du territoire communal. En effet, ils ont décidé de solliciter le conseil général pour la mise en place d’un périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PEAN) sur le coteau de Guérande. Cette classification permettra de relancer une activité agricole pérenne et de préserver ce site remarquable, laissé un peu à l’abandon ces derniers temps.

Cela fait des années que le coteau de Guérande a dit adieu à ses veaux, vaches, cochons  et agriculteurs. La volonté de la commune est de voir l’activité agricole et les habitants se réapproprier le site avec l’objectif d’un aménagement du territoire cohérent, préservant l’environnement en amont des marais salants, le tout de façon pérenne. L’intervention des pouvoirs publics est donc nécessaire et le conseil général possède l’outil adéquat : le PEAN. Instaurée par la loi sur le développement des territoires ruraux de 2005, la procédure de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains a pour finalité la protection à long terme des espaces définis. Il s’accompagne de la mise en œuvre d’actions concertées, entre la collectivité et les professionnels notamment, en faveur du maintien et de la reconquête des espaces agricoles et naturels périurbains. Important, ce périmètre ne peut pas prendre en compte les zones urbanisées et urbanisables. Par contre, il classe comme définitivement non constructibles tous les terrains qu’il couvre et aucune disposition dans la loi ne permet d’abroger un PEAN. 900 hectares sont concernés sur le coteau de Guérande.

Maîtrise foncière

C’est Jacky Martin, responsable au service foncier du conseil général, qui a présenté aux élus les grandes orientations du PEAN et la procédure jusqu’à son adoption. Sa réalisation doit notamment tenir compte de sa compatibilité avec le SCOT (schéma de cohésion territoriale) et le PLU (plan local d’urbanisme). En effet, même si les communes se séparent d’une partie de leurs prérogatives, il ne se substitue pas au PLU. « C’est un outil qui n’est pas prescriptif, c’est un moyen d’intervention », précise le technicien. Il sera soumis pour avis à la chambre d’agriculture, puis à enquête publique à l’initiative du Conseil Général, et sera ensuite adopté par délibération du conseil municipal.
Le PEAN qui sera réalisé sur le coteau a une véritable vocation agricole avec des projets d’installations. Maîtrise foncière avec acquisitions des terrains par préemption, accords amiables ou expropriations suite à déclaration d’utilité publique, remise en valeur des friches, accompagnement de l’installation de jeunes agriculteurs, soutien à une agriculture diversifiée en lien avec le développement de circuits alimentaires de proximité, sont parmi ses objectifs. Le problème foncier a été clairement identifié : « L’activité dominante du coteau reste l’agriculture, mais avec la disparition des sièges d’exploitation, l’élevage traditionnel bovin laitier ou allaitant a été remplacé au profit de cultures de vente ou d’une occupation non-agricole. C’est le cas des activités de loisirs plus concurrentielles que l’agriculture dans l’accès au foncier. La question de l’extension, de la mise aux normes ou de la création de nouveaux sièges d’exploitation est un enjeu stratégique majeur pour l’occupation du coteau et son devenir paysager ». Neuf projets d’installations pourraient être concrétisés grâce au PEAN.
Un comité de pilotage sera bientôt mis en place. Déjà, une première rencontre avec quelques élus et acteurs concernés sur les communes de Guérande, La Turballe et Piriac-sur-Mer, s’est déroulée à Cap Atlantique, le 2 décembre dernier. Ce comité devra définir un périmètre définitif, écrire les objectifs du PEAN, montrer la cohérence en tenant compte notamment de la future liaison routière entre Guérande et La Turballe, organiser la concertation.

Les réactions

Frédéric Miché (opposition) : « C’est un projet tout à fait réjouissant qui renforce l’importance des zones agricoles pérennes. De plus, certaines zones concernées par le PEAN n’étaient pas intégrées dans d’autres plans ».
Danièle Estay (opposition) : « Je ne suis pas aussi optimiste que mon collègue. Seule la gestion à la parcelle est possible, ce qui sera le cas ici. Ce projet est assez paradoxal par rapport à ce que nous avons précédemment connu sur la zone de la Ferme du Casino. Ce qui me préoccupe, c’est que c’est un coteau qui coule sur les marais salants, donc, quel type d’agriculture sur cette zone ? La confiance ne signifie pas une pratique agricole vertueuse ».
Michèle Poupard (majorité) : « Les pratiques agricoles seront concertées et définies avec tous les partenaires dans le projet agro-environnemental ».
Yves Guellec (majorité) : « Le PEAN nous semble l’outil adéquat pour maîtriser le foncier et favoriser l’installation d’agriculteurs. Les gens doivent se réapproprier le coteau, qui est assez inaccessible aujourd’hui. Contrairement à d’autres communes, le zonage ne sera pas très difficile à réaliser sur ce site non-conflictuel. Pour le type d’agriculture, il faudra faire attention à ne pas mettre trop de contraintes dans un premier temps, pour ne pas faire fuir les exploitants. Il faut rester mesurés ».
Christophe Priou (député-maire) : « Le retour de l’agriculture sur le coteau est essentiel. Mais avec l’ensemble de nos projets tels que celui de Maison Neuve, et l’opération « Grand Site » qui aura lieu sur l’ensemble des marais salants, il faut mener tout ça de concert car tout est lié ».

Auteur : YD | 09/02/2012 | 0 commentaire
Article précédent : « Une journée sur Maison-Neuve avec Edouardo Souto de Moura »

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