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Recherches archéologiques : Guérande revisite son passé

Une équipe de l’Inrap mène, depuis le début du mois de mai, une fouille préventive sur le site de la Maison Neuve, dans le cadre de l’aménagement d’un futur écoquartier par Loire-Atlantique développement SELA.
Prescrite par le service régional de l’Archéologie (Drac Pays de la Loire) suite à un diagnostic, la fouille met au jour une longue et riche occupation. Enclos de la fin de l’âge du Bronze, ateliers de sauniers gaulois et fours de potiers gallo-romains sont à l’étude. Le public pourra quant à lui découvrir exceptionnellement ces vestiges à l’occasion de l’ouverture du site, le dimanche 18 juin, dans le cadre des Journées Nationales de l’Archéologie.

Une histoire qui remonte à plus de 3000 ans

Guérande Trépied four gaulois
Guérande Trépied four gaulois

La commune de Guérande recèle un riche patrimoine archéologique. Depuis le XIXème siècle, le territoire a livré de nombreuses traces d’occupations humaines datées depuis la Préhistoire jusqu’à l’Epoque moderne. 

Le site de la Maison Neuve, à quelques centaines de mètres au nord-ouest de la ville médiévale et de ses remparts, reflète une diversité d’occupations sur une longue période. Les traces de la présence humaine la plus ancienne y apparaissent sous la forme de trois enclos, de forme presque circulaire, avec pour deux d’entre eux une ouverture à l’est.

Grâce au mobilier prélevé dans les fossés périphériques, il semblerait que ces enclos datent de la fin de l’âge du Bronze, ou du début du premier Âge du Fer (soit une période entre 1400 et 800 avant notre ère). Les recherches ne sont pas assez avancées pour déterminer leur fonction, même si les archéologues privilégient à ce jour l’hypothèse funéraire.

Précieux témoignages d’ateliers de sauniers gaulois

La présence d’ateliers de sauniers gaulois est également assurée, grâce à deux fours, dans la partie nord du site. Il s’agit de structures de combustions très complexes ayant servi à la fabrication du sel ignigène. Cette technique repose sur la cristallisation du sel par l’évaporation de saumure : l’eau était mise à cuire dans des récipients en terre, les augets, placés au-dessus d’un foyer. Si ces dispositifs de production anciens sont connus, ils ont rarement été fouillés du fait de la fragilité des vestiges. Leur environnement suscite aussi un grand intérêt : les premières recherches mettent en évidence les traces d’une chaîne de travail complexe. En plusieurs points, des fosses contenant des sédiments argileux provenant de l’estran marin, situé à plusieurs kilomètres, ont été mises au jour.

Les chercheurs estiment que les sauniers gaulois ont fabriqué assez tardivement du sel de cette manière, peut-être jusqu’au début de la période gallo-romaine. On ignore toujours l’époque et les raisons qui ont poussé les sauniers à changer le mode opératoire, de la fabrication du sel ignigène à celui du sel solaire. La quantité très importante de bois nécessaire à la fabrication du sel ignigène, et par conséquent la problématique de l’épuisement de l’environnement végétal et forestier est certainement un facteur déterminant dans la recherche d’un nouveau mode de production. Il est possible que celui-ci ait vu le jour lors du contact avec le monde méditerranéen

Une riche occupation pendant l’Antiquité

Le diagnostic réalisé en amont de la fouille avait permis de détecter une zone assez confinée dans laquelle étaient conservées les traces d’une activité potière, avec plusieurs fours de cuisson. En périphérie, les archéologues avaient également remarqué des fosses carrière permettant d’obtenir la ressource nécessaire à la fabrication des pots, livrant ainsi le témoignage d’une chaîne de travail continue (de l’extraction à la cuisson). Les premiers résultats de la fouille confirment la vocation potière du site à l’époque gallo-romaine. Les fosses carrières sont implantées dans un sédiment argilo limoneux de faible épaisseur, qui constitue l’unique source de matière disponible sur place. De nombreux tessons de céramiques ont été recueillis dans les comblements. Ils montrent que l’occupation gallo-romaine a été de courte durée puisque les formes étudiées correspondent à un type de production daté entre 50 et 70 de notre ère.

Au coeur de cette activité artisanale, la fouille a également livré plusieurs vases à incinération, témoignant de la présence d’une petite nécropole. Existe-t-il un lien entre cette dernière et les potiers ? Rien ne le prouve actuellement d’autant qu’un chemin, à peu de distance au nord-ouest, pourrait avoir été également le générateur de l’installation de la zone funéraire ; les nécropoles étant généralement situées près des axes de circulation.

Dimanche 18 juin, ouverture du site à l’occasion des Journées nationales de l’Archéologie

Les JNA sont un RDV incontournable pour découvrir les différentes facettes de l’archéologie. Pilotées par l’Inrap sous l’égide du Ministère de la Culture et de la Communication, elles mobilisent l’ensemble de la communauté archéologique en France métropolitaine et outre-mer. En 2016, près de 500 partenaires (musées et sites, universités, associations, collectivités, etc) ont organisé des activités originales et familiales qui contribuent au rayonnement de l’archéologie.

A Guérande, l’Inrap ouvre exceptionnellement le chantier de la Ville Neuve au public. Les archéologues se mobilisent pour proposer des visites commentées ainsi qu’un atelier céramologie et des expositions tous publics. Une visite en LSF sera proposée à 15h.

Horaires : dimanche 18 septembre de 10h à 17h30. Gratuit.

Accès : depuis Guérande, prendre la direction La Turballe puis accès par les rues de la Maisonneuve, Charles Le Goffic ou l’avenue du Léget.

 L’Inrap

Avec plus de 2 000 collaborateurs et chercheurs, l’Inrap est la plus importante structure de recherche archéologique française et l’une des toutes premières en Europe. Institut national de recherche, il réalise la majorité des diagnostics archéologiques et des fouilles en partenariat avec les aménageurs privés et publics : soit près de 2 000 chantiers par an, en France métropolitaine et dans les Dom. Ses missions s’étendent à l’exploitation scientifique des résultats et à la diffusion de la connaissance archéologique au public.

15/06/2017 | 0 commentaire

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