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Natura 2000 va refaire des marais de Saillé un nid douillet

Une zone d’environ 32 hectares de marais salants privés, laissée à l’abandon par les hommes et la saliculture, au nord-est du village de Saillé, va subir des travaux dans le cadre du contrat Natura 2000, financés à 100% par l’État et l’Europe. L’objectif est d’en refaire un site privilégié pour la nidification des oiseaux, en rétablissement le circuit de l’eau et en luttant contre l’invasion des Baccharis.

Comme l’a judicieusement rappelé Danièle Estay, élue écologiste de l’opposition municipale, les passes d’armes d’il y a une dizaine d’années sur Natura 2000, portent leurs fruits aujourd’hui. « C’est avec beaucoup de satisfaction que l’on constate que Natura 2000 donne maintenant sa pleine mesure », ajoute-t-elle.  Ainsi, sur la zone concernée des marais salants de Saillé, pas moins de 78 000 € HT vont être investis dans le cadre du contrat, sans que la commune n’ait un centime à verser. La somme sera répartie en :
- 37 000 € pour les travaux de terrassement ;
- 30 620 € d’entretien des îlots, de gestion du Baccharis et des talus ;
- 10 000 € pour la gestion de l’eau ;
Cap Atlantique, en tant que structure animatrice, assurera l’élaboration du contrat et le suivi des travaux, en lien avec les services de la commune, maître d’ouvrage.

Si la ville de Guérande vient de solliciter auprès de l’Etat un contrat Natura 2000, est que ce secteur de 32 hectares, composé de 15 unités hydrauliques, de 86 parcelles cadastrales appartenant à 18 propriétaires privés et cinq possessions des domaines, est particulièrement dégradé. Qui plus est, de nombreux foyers de Baccharis Halimifolia, plante invasive qui menace gravement le milieu, ont été recensés. Réunis récemment par Philippe Delavallée, responsable Natura 2000 à Cap Atlantique, les paludiers concernés ont indiqué que le projet ne porte pas sur des salines reprenables à court et moyen terme. Le contrat Natura 2000, lui, est signé pour une période de cinq ans, espace pendant lequel il ne sera pas possible d’y reprendre une activité salicole.

Faire revenir les oiseaux

Sur le site, les ouvrages hydrauliques sont pour la plupart inexistants et plusieurs talus sont brèchés, ne permettant pas une gestion adéquate des niveaux d’eau. Il n’existe plus aucune structure de salines sur la zone (galponts, ponts, tour d’eau), hormis les talus dont certains sont partiellement détruits. L’ensemble de ces facteurs limite fortement le potentiel d’accueil des oiseaux d’eau, et l’état de conservation des habitats d’intérêt communautaire. Ce qui a suscité le commentaire de Frédéric Miché, élu d’opposition, favorable au projet : « Souvent la friche est moins qu’un terrain entretenu. Ici, nous avons de la chance parce que nos activités humaines sont en harmonie avec notre espace ». Par exemple, il est nécessaire de pouvoir contrôler le niveau d’eau dans les marais si l’on ne veut pas que les nids soient complètement noyés à la moindre marée montante.
C’est en tant que structure animatrice des sites Natura 2000 avec les directives « Oiseaux » et « Habitat » sur les marais salants de Guérande, du traict du Croisic et dunes de Pen bron, que Cap Atlantique a proposé de mener ces travaux visant à restaurer ces habitats pour les espèces ornithologiques. Une rencontre avec les propriétaires est programmée, mais pour le moment, ces derniers font attendre leur réponse.


 

Auteur : YD | 09/02/2012 | 5 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 11 février 2012 à 16h57 par SilverTip
C'est pas compliqué, il faut exproprier les propriétaires qui n'ont pas entretenu leur bien, en plus que souvent ils ne paient aucun impôt foncier sur celui-ci. Je ne vois pas pourquoi Cap Atlantique ou qui que ce soit engage des fonds pour des particuliers et valorise indûment ceux-ci. Il n'y a qu'à faire intervenir le conservatoire du littoral.
#2 - Le 12 février 2012 à 15h32 par Cernay, La Baule
Des travaux Financés par l'Etat (nos impôts nationaux !) et par l'Europe (encore nos impôts) pour des terrains PRIVES. Mais de qui se moque-t-on ??

Oui pourquoi pas, mais à la condition de faire racheter ces terrains par la Municipalité de Guérande, au prix d'une friche !!
#3 - Le 15 février 2012 à 11h36 par Samuel Guillaume, Le Pouliguen
Je ne comprends pas la prise de position des commentaires précédents…
Certes il s'agit d'une utilisation d'argent, provenant de nos impôts, sur des terrains privés, mais il ne s'agît pas içi de restaurer la maison des propriétaires, de faire leur jardin ou bien de construire un parking privé. On parle d'aménager des salines (qui ne pourraient même pas être restaurées en marais productifs par un éventuel propriétaire) pour accueillir des oiseaux... Le seul bénéfice que cela leurs procure est le plaisir d'observer les oiseaux du marais, et ça, c'est gratuit pour tous.
#4 - Le 18 février 2012 à 13h57 par SilverTip
@SamuelGuillaume
Vous ne comprenez pas? C'est pourtant pas compliqué, nos impôts n'ont pas à servir à un usage privé.
Si les proprio n'ont pas les moyens d'entretenir leur parcelles, voire les ont abandonnées, il y a pour cela un organisme qui s'appelle le Conservatoire du Littoral.
Nos impôts vont servir à embellir les lieux, et ensuite les proprio ne vont pas se gêner pour revendre leurs parcelles avec une belle plus-value.
Si ce sont des salines, qui vous dit que demain elles ne seront pas de nouveau exploitéés? Il faut savoir aussi qu'un exploitant de saline à l'autorisation de construire sur son terrain
#5 - Le 20 février 2012 à 10h15 par Samuel Guillaume, Le Pouliguen
J'ai compris l'idée d'embellissement des lieux, et je suis d'accord avec le fait que si ces salines ne servent plus, autant laisser l'entretien à un organisme comme le Conservatoire du Littoral. Maintenant je ne pense pas que les propriétaires aient une vision vénale comme celle que vous décrivez, je ne dit pas qu'il n'y en a pas non plus.
Pour finir, si un propriétaire de saline désirait construire sur sa saline il s'opposerait au PLU / POS de sa commune, au classement Natura 2000, site inscrit et site classé et à la convention de Ramsar (je n'imagine pas le montant de l’amende). Dans les années 60 il aurait pu faire comme bon lui semble, c'est finit ce temps là!

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