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''Les enfants d’abord'', les parents guérandais à bord de l’enseignement public

Jeune structure créée en 2008, « Les enfants d’abord » est une association de parents d’élèves guérandais qui compte plus d’une trentaine de membres. Co-présidée par Odile Soenel et Pascale Bureau, elle a pour objectif de remettre les enfants au centre des préoccupations de l’Éducation Nationale, de redonner leur place aux parents dans les établissements, d’influer localement à côté des grandes fédérations nationales.
Pascale Bureau et Odile Soenel.
Pascale Bureau et Odile Soenel.

Ces parents-là n’entendent plus déléguer entièrement la responsabilité de l’éducation de leurs enfants au système scolaire. Ca les concerne. La démarche est citoyenne et responsable. L’association se veut force de proposition, de soutien et de dialogue, en tâchant d’éviter les pièges de l’opposition et de la confrontation. Les deux co-présidentes assènent le message : « Ce que nous voulons avant tout, c’est le bien-être des enfants. Nous nous demandons ce que nous pouvons faire à notre niveau pour améliorer la situation. Il n’y a rien de politique, nous défendons les valeurs de l’enseignement public. »
La proximité et l’aspect local sont les autres caractéristiques des « enfants d’abord ». « Le noyau de notre association se connaît depuis que nos enfants sont à la maternelle. On voulait se réunir pour faire quelque chose de local. Le but est de toucher la population guérandaise en dehors des grandes structures nationales comme la FCPE. Il est important de créer un lien entre parents, même si c’est encore difficile d’impliquer les gens », indiquent-elles. Elles ajoutent : « C’est aussi dur de mobiliser les parents sur des enjeux nationaux. Tant qu’ils ne sont pas touchés directement par le problème, ils ne vont pas s’investir. Le jour où ils ont des difficultés, ils s’en préoccupent. Il y a d’autres cas, comme les parents dont les enfants sont en détresse scolaire et qui n’osent pas demander de l’aide. C’est pourquoi il faut retrouver l’esprit collectif ».
Et l’association de gagner de l’audience et de la crédibilité : six nouvelles adhésions ces derniers jours et déjà quelques bonnes notes. «À notre niveau, on peut faire aussi bien qu’une grosse fédération. On est plus efficace. La preuve, les gens nous ont fait confiance lors des élections de parents d’élèves dans les établissements », se réjouit Pascale Bureau. L’association a obtenu 50 % des votes, « ce n’est pas rien pour nous, car cela démontre que les parents se retrouvent en nous, sans pour autant adhérer à l’association », mais regrette de ne pas avoir de représentants au Collège Jacques Brel et peu de parents investis au lycée Galilée.

Des actions payantes

Si l’ancien ministre de l’Education Nationale, Claude Allègre, avait émis l’idée de « dégraisser le mammouth », le gouvernement actuel tranche dans le lard depuis quatre ans avec le non-remplacement d’un départ sur deux à la retraite. Classes surchargées, fermetures de classes, disparition de postes périscolaires et auxiliaires… Les motifs de se mobiliser sont légion et rythment chaque printemps. À Guérande et en Presqu’île, c’est en janvier dernier qu’a plané la menace de 17 fermetures de classes et la suppression de plusieurs postes du réseau d’aide. « Les enfants d’abord » étaient en première ligne : « On a organisé une manifestation dans les remparts avec les écoles de Guérande, Le Croisic, La Baule, Batz, Saillé. Nous étions 400 dans le cortège. En amont, nous avons fait circuler une pétition au nom d’un collectif : L’Éducation Nationale doit redevenir une priorité de l’État. Nous avons été reçus à l’Inspection académique. C’était positif, mais dans ce genre d’institution, ils ne parlent pas le même langage que nous. Eux, ils voient les chiffres. Nous, on parle de l’humain et des enfants. Le système est fait pour une moyenne, sans tenir compte que les enfants sont tous différents », expliquent les responsables. Une lutte qui n’a pas été vaine puisque quelques classes ont été sauvées, ainsi que le poste de psychologue, avec le soutien des élus locaux.
Avec les représentants syndicaux et des parents, l’association a également participé à une rencontre avec le chargé de mission de Luc Châtel, ministre de l’Éducation Nationale, et le Sous-préfet de Saint-Nazaire. « L’important, c’est de montrer que nous serons toujours là quand nous sentirons un danger », lancent Pascale Bureau et Odile Soenel.
Les parents multiplient également les initiatives locales : la nuit des écoles le 20 mai 2011 avec un apéro dînatoire pour protester contre le démantèlement de l’école publique, la participation au comité de pilotage 5/5, ventes de fleurs et gâteaux (pour le LEP) pour participer au financement des activités, remise au goût du jour de la photo de classe au Collège du Pays Blanc pour financer un voyage d’étude, installation de sapins de Noël en décembre prochain. « Les enfants d’abord » occupe une place dans l’école, aujourd’hui désertée par son titulaire historique, l’Amicale laïque.

Une rentrée satisfaisante

L’association le reconnaît avec satisfaction : la rentrée scolaire guérandaise s’est bien déroulée. « Il y a un climat positif, on sent le retour de la confiance », ajoute Odile Soenel. Elle fait référence aux relations privilégiées qui se sont nouées avec les directions du Collège du Pays Blanc et du Lycée Galilée. Mais c’est bel et bien la solution qui a été trouvée dans le dossier de l’école du Bois Rochefort qui apporte le plus de satisfactions. « Il y avait un véritable problème avec une directrice qui avait du mal à assumer sa tâche. Il y avait des répercussions très fortes sur toute l’équipe pédagogique. Nous avons écrit pour demander son départ, sans pour autant la juger. Les deux écoles, maternelle et primaire, ont fusionné et ça se passe bien mieux », explique la co-présidente. C’est là l’un des autres objectifs de l’association : servir de médiateur.
« Les enfants d’abord », l’association porte bien son nom selon ses responsables. Des parents guérandais ont peut-être réinventé et réorganisé le retour des familles dans le système scolaire et dans les établissements. Pas question pour le moment de s’ouvrir vers l’enseignement privé, mais si Pascale Bureau et Odile Soenel reconnaissent que ces parents aussi, ont les mêmes préoccupations. Et puis, il n’y a pas que l’école : « En dehors, il y a aussi des choses à faire. On ne peut pas le désolidariser de l’environnement scolaire. Il faut, au contraire, le cultiver et le développer ».

Auteur : YD | 19/10/2011 | 0 commentaire
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