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Conférence «  Le camp d’internement de Guérande » dans le cadre de la commémoration de la fin première guerre mondiale

Cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale, la Ville de Guérande souhaite tout au long de l’année rendre hommage aux 250 combattants guérandais mobilisés pour la France et à leurs proches. Par conséquent, elle propose pour ce centenaire un large programme (cérémonies, spectacles, expositions, conférences…) en abordant la vie quotidienne des habitants restés à Guérande mais aussi des combattants.

Ces différents temps forts vous permettront de vous replonger dans cette période difficile de notre histoire.

Conférence « Le camp d’internement de Guérande » jeudi 13 septembre à 18h dans l’amphithéâtre du Lycée Galilée.

Cette conférence est animée par Ronan Richard, commissaire scientifique de l’exposition 2018 de la porte Saint-Michel, docteur en histoire et chercheur associé au laboratoire de sciences historiques Tempora (Université de Rennes 2).

Il évoquera l’histoire et les spécificités du camp installé au Petit Séminaire pendant la Première Guerre mondiale. De 1914 à 1920, près de 75 établissements français furent affectés au cantonnement de dizaines de milliers d'internés civils, ennemis ou suspects. Ces dépôts, alors communément qualifiés de « camps de concentration », furent improvisés hors de tout cadre juridique dès le mois d'août 1914, aussi bien pour isoler des individus potentiellement dangereux pour la nation en guerre que pour les protéger des violences nationalistes.

Au nombre des ces dépôts figurait le séminaire de Guérande. Administrativement, il s'agissait d'un dépôt de familles affecté à des individus non mobilisables dont le faible degré de dangerosité les rendait disponibles pour l'économie de guerre. Malgré la relative précarité de leur existence, les internés y développèrent vite une vie communautaire très riche d'activités et de loisirs en tout genre.

Au-delà de sa relative normalité eu égard au paysage général des camps français, Guérande se révélera cependant vite très singulier, au point d'être élevé au rang de dépôt modèle par le ministère de l'Intérieur. Sous la houlette d'un remarquable directeur, Julien David, il verra en effet se développer de nombreux ateliers permettant d'employer un grand nombre d'internés, de diminuer la nervosité liée à la monotonie et à la déprime suscitées par la captivité et de réaliser de substantielles économies sur le prix de revient des internés. En faisant de son dépôt un véritable îlot manufacturier, géré sur un principe de confiance mutuelle entre administration et internés, David s'attirera vite l'inimitié du monde artisan et commerçant local et subira de nombreuses campagnes de calomnies le dépeignant comme un « ami des Boches ». L'armée elle-même, en charge de la surveillance du dépôt, ne ménagera pas ses critiques sur la trop grande bienveillance de ce directeur administrant son dépôt avec un paternalisme typique d’entrepreneuriat de l'époque.

L'histoire de ce dépôt d'exception résonne encore un siècle plus tard par son actualité. A l'image de celle des réfugiés belges et français, elle nous renseigne sur les défiances à l'égard de ces « errants », dans un contexte de crise nationale exceptionnelle, et sur les tendances au repli sur soi affectant alors des communautés autochtones bouleversées par la mobilisation et le deuil.

En partenariat avec la Société des Amis de Guérande, cette conférence est en accès libre.

À noter dans vos agendas :

- Reconstitution historique « Le retour des poilus » - Les vendredis 9 et samedi 10 novembre – Porte Saint-Michel

- Cérémonie officielle « Commémoration de l’armistice de 1918 » - Dimanche 11 novembre

07/09/2018 | 0 commentaire

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