Guerande Infos

Christophe Priou se défend d’avoir fait de Gilles Bernier un Paysan Sans Terre

Depuis la publication par guérande-infos.net du témoignage de Gilles Bernier, l’émotion est vive à la mairie. Christophe Priou, le député-maire, plusieurs élus, et les services de l’urbanisme se disent choqués par l’éclairage « partial » que nous avons fait de ce dossier et les réactions parfois virulentes que notre article a engendrées. La ville explique avoir appliqué son Plan Local d’Urbanisme et la loi, en s’investissant aux côtés de Gilles Bernier pour lui permettre de poursuivre son activité.
Le PLU de Guérande. Gilles Bernier était installé au Nord-Ouest de la zone bleue
Le PLU de Guérande. Gilles Bernier était installé au Nord-Ouest de la zone bleue

Après le coup de colère des élus lors du dernier conseil municipal, qui avait provoqué une certaine émotion au sein de notre rédaction, Christophe Priou a clairement choisi de jouer l’apaisement. Lors d’un entretien accordé à guérande-infos.net, en présence des services de l’urbanisme et de son directeur de cabinet, Jean-Baptiste Jusot, le député-maire s’est attaché à reprendre avec pédagogie la procédure qui a conduit à l’expulsion de Gilles Bernier du terrain où il avait installé sa yourte et son jardin  maraîcher. Il replace ce cas particulier dans une politique globale d’aménagement du territoire, pas si simple à gérer dans les espaces remarquables tels que ceux des marais salants. En matière d’urbanisme, Christophe Priou a une formule choc : « à la mairie, nous sommes soit des laxistes, soit des emmerdeurs ».
Guérande a été l’une des premières communes de l’Hexagone à faire son PLU. Et c’est sur ce document que la mairie s’appuie pour justifier ses choix et ses procédures. Pour les services de l’urbanisme, il n’y a pas de doute possible : « Gilles Bernier était sur un zonage qui ne permet même pas l’installation d’un hangar agricole ». S’il a pu installer sa yourte et exploiter son potager pendant quelques années, c’est simplement parce que son impact était minime et que son implantation était discrète dans le paysage. Pour la ville, la procédure d’expulsion est justifiée : « On ne peut pas changer la destination du zonage, surtout pour de l’habitation ». Christophe Priou reconnaît les qualités humaines de Gilles Bernier, mais pas question de faire des exceptions : « C’est impossible. Une loi est de portée générale et les élus ne peuvent pas s’en affranchir. Si on laisse faire Gilles Bernier, alors c’est la porte ouverte pour tout le monde ». Les services reconnaissent toutefois que les détournements du mode d’occupation des sols sont monnaie courante.
Christophe Priou insiste et répond à ceux qui ont utilisé « une sémantique d’extrême droite » pour qualifier sa démarche. « J’ai rencontré plusieurs fois Gilles Bernier, c’est un homme courtois. Je lui ai expliqué que le droit des sols doit convenir à l’activité. Aussi, ce n’est pas le mode d’habitat qui est remis en cause, je n’ai rien contre les yourtes à partir du moment où elles sont installées sur des zones qui peuvent les accueillir », indique-t-il. Le maire explique comment les services de l’urbanisme et les élus en charge se sont mis à la disposition de Gilles Bernier pour lui trouver un nouvel emplacement. « On a été le voir trois fois. Il y avait une bonne solution au Nord de Clis. Gilles a commencé à y apporter des choses, et puis il nous a écrit en expliquant qu’il ne pouvait pas donner suite », ajoute Christophe Priou.
Le maire pense que la situation familiale de Gilles Bernier n’y est pas étrangère. Néanmoins, il confie n’avoir pas été au courant de la détresse sociale de l’ancien paludier maraîcher. S’il comprend sa démarche, Christophe Priou n’accepte pas que Gilles Bernier lui prête des propos qu’il n’a jamais tenus concernant « le nettoyage du territoire ». Le député-maire dénonce l’amalgame qui peut être fait par les lecteurs, et les réactions violentes que de tels mots peuvent provoquer. Il explique également que tout ceci s’est déroulé avant la loi OPPSI 2.

La mairie a tiré les leçons

Avec Gilles Bernier, la mairie de Guérande se souvient également de deux jeunes agriculteurs qui avaient constitué une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). « Pour nous, ça a été le point de départ, l’élément déclencheur, d’une réflexion pour une gestion dynamique du coteau et des abords des marais salants. Nous avons constitué un groupe de travail autour d’Yves Guellec et Frédéric Miché, deux professionnels, pour convaincre les services de l’État de certaines évolutions. Ils ont rendu un rapport proposant neuf possibilités pour l’installation d’exploitations agricoles, sans forcément de l’habitation ».
Christophe Priou rappelle toute l’importance qu’il accorde au développement des activités agricoles. Sans doute aurait-il aimé que Gilles Bernier fasse quelques compromis et s’installe dans ce cadre.

Auteur : YD | 25/02/2011 | 11 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 26 février 2011 à 07h31 par Eric , Couze, 24
- Aucune loi n'est gravée dans le marbre Monsieur le Maire, surtout pas celles qui ont été voté dernièrement. - - Elles ont pour seule vocation, que de faire crever une frange marginale de la population...
- Une avant garde éclairée, qui aura compris bien avant les autres l'absurdité d'un système sans issue dont vous êtes le zélé défenseur.

- Le droit du sol, quelle absurdité, comment peut-on se retrancher derrière ça?

- Le Palais idéal du facteur Cheval ne pourrait plus sortir de terre aujourd'hui, Hauterives serait un petit village rural ignoré de tous...

- La "folie" d'un homme loin du commun a fait sa prospérité, l'a révélé au monde entier...

- La créativité, l'enthousiasme ne doivent pas être débattus en conseil municipal... Une yourte, un jardin, des serres agricoles ont un faible impact sur le site, dans le pire des cas, une journée de travail permettrait de le remettre à l'état initial.

- Il semble en fait que nul ne doit échappé au système mortifère. Des expériences réussies de vie simple et saine seraient un précédent dangereux pour les défenseurs de la voie unique...
- Elles pourraient donner des idées à bon nombre de personnes qui voient leur vie stérilisée par un société qui les cantonne à un rôle de producteur consommateur...
- La Tunisie, l'Égypte et d'autres pays nous montrent ce qu'il advient d'un système qui tue l'espoir de ses citoyens...
#2 - Le 28 février 2011 à 00h23 par Bruno Jean PALARD, Toulouse
Bonsoir Guérande-Infos.net,
Bonsoir Yoann,

Voilà un article de presse réellement informatif et de bonne qualité journalistique qui titille autant la réflexion de ses lecteurs... qu'il incite à la reprise d'un dialogue constructif entre Gilles Bernier et Christophe Priou.

Alors grand merci à Guérande-Infos.net et à Yoann!

Comme quoi le maire et la mairie ne sont manifestement pas les seuls à "jouer" l'apaisement et à avoir tiré des leçons de ce dossier...

Et toi Gilles?
Que "joues"-tu et quels enseignements tires-tu de tout cela?

Bien sereinement et cordialement à toutes et tous,

BJP
#3 - Le 28 février 2011 à 11h31 par pseudo, Quimper
L'injustice amène toujours à la colère et à la revendivation. Le dialogue apporte l'apaisement et les solutions.
Je continuerai de suivre cette histoire en espérant que tout le monde y trouve son compte. Mais je reste quand même perplexe quant aux obligations du PLU dans les villes et communes. Il y a tellement d'endroits où le PLU est bafoué, ignoré, contourné qu'on se dit que c'est plutôt au bon vouloir des maires et de leurs conseils municipaux.
A suivre....
#4 - Le 01 mars 2011 à 11h36 par Bruno Jean PALARD, Toulouse
@ "pseudo", de Quimper:

L'injustice existe parce que la justice existe.

L'injustice et la justice sont humaines.

L'erreur est humaine.

Action, réaction, correction.

Gilles, es-tu "LÀ"?

BJP
#5 - Le 07 mars 2011 à 16h42 par bernier gilles, Guerande
Je vois que je peux passer beaucoup de temps à corriger, contredire ceci ou cela apporter un élément a ce dossier, que j'ai réouvert parceque la loi oppsi 2 bouscule mon honnete patience et tue ma notion de justice...
Mr Benoit APPARU, secrétaire d'Etat au logement déclare le 2 juin 2010 a Paris; "notre objectif est simple : redonner à nos concitoyens la possibilté de choisir ou ils veulent habiter, l'espace dans lequel ils souhaitent s'installer, et le cadre de vie qui sied à l'épanouissement de chacun. Mieux utiliser l'espace implique une prise en compte de la nécéssité de restreindre les freins qui bloquent souvent un projet.Sur le terrain, combien d'entre vous ont été confrontés à des situations ubuesques, liées à la complexité, et parfois les incohérences des réglementations locales et nationnales ?Dans le grenelle 2, plusieurs dispositions vont dans le sens d'une facilitation, comme le renforcement du projet d'intéret général, ou les ordonnances de simplification du droit des sols."
Les déclarations des Décideurs sont certainement d'une grande valeur, laquelle et pour qui?? je ne sais plus.
Personnellement, je pense à ceux qui ont été dénoncés par le voisin.A ceux qui dorment dans leur voiture après une journée de travail mal payée. Je pense à ceux licenciés, fauchés et jugés par leurs proches. Ceux qui, après une vie de labeur, n'ont que leur petite cabanne au fond d'un chemin. Ceux qui, humiliés ou blessés par une bettise, se terrent dans un mobilhome ou un wagon. Ceux dans la survie ou en sursis. A celles et ceux qui se cachent de cette vie de compétition blessante sans fin. Les jeunes qui n'ont plus accès aux crédits simples, aux woofeurs, artistes et saisonniers dans leurs camions. A ceux qui ne revent pas de ZUP ni de lots. A celles et ceux qui ont un vrai besoin de cabanne sur leur terre agricole sans locaux. Aux courageux qui s'engagent et cherchent des facons de vivre absolument plus harmonieusement avec leur environnement. voir commentaire suivant.
#6 - Le 07 mars 2011 à 16h50 par bernier gilles, Guerande
suite; A ceux sur le trottoir qui n'ont plus qu'un chien à qui parler. A l'étranger qui fuit la guerre chez lui et dort dans l'atelier de son patron. Aux déportés ou réfugiés climatique entassés dans une seule piece.Je pense à tous les futurs montrés du doigt. La loi oppsi2 (32 ter),elle est votée et va bien s'occuper d'eux avec son cortège de "dénonciateurs utiles"; précédants de belles procédures pénales justifiées; pour la plus grande joie de l'index du voisin qui fait tout bien.
#7 - Le 07 mars 2011 à 17h23 par bernier gilles, Guerande
bonjour Bruno Jean,
L'erreur n'est humaine que si on la regarde comme telle. Toutes expériences est la VIE. Jétais humainement poussé à faire ce que j ai essayé, sans me poser comme modèle. Si on m'avait dit que je serais, et fiché, et a la correctionnelle, que je perdrais ma famille, mon courage, dans un camion et le reste...j' aurais répondu ce que je pensais au fond de mon coeur; "je ne fait rien de grave, j'essai ".
On peut jouer avec les mots très longtemps, mon chemin c'est mon humanisme, et il est "truffé" d'erreurs.
Embrasses ta famille pour moi. Gilles
#8 - Le 08 mars 2011 à 09h19 par Débla, Le Cannet 06
Je vous lis avec plaisir ce matin Gilles, car je me suis fait les mêmes réflexions que vous au sujet de la déclaration du 2 Juin 2010, comme d'ailleurs de celle de notre présisent en campagne qui disait qu'il souhaitait ne plus voir personne dehors !!!
Paroles de campagne, à prendre comme telles, c'est à dire mensonges !!!
La sincérité, la vérité ne sont pas dans le camp des politiques.
Elles sont dans le camp des humbles, de celles et ceux qui croient en leurs rêves pour une vie plus juste, plus saine où tout un chacun aurait une place. Certains comme ma meilleure amie sont partis essayer de se faire une place ailleurs, dans un autre pays, ça a marché un temps, aujourd'hui le rêve est cassé là bas aussi.
Et puis il y a tout proche de moi des gens comme vous Gilles qui essayent sur notre sol, Loppsi 2 les apeurent.
Je suis bien d'accord avec vous, on peut jouer avec les mots très longtemps ! Votre démarche est sincère et la sincérité se paye très cher aujourd'hui. Vouloir dépioter chaque mot, chaque acte, vouloir intellectualiser ne sert à rien. J'ai souvent dit que j'agis avec mes tripes, jamais avec ma tête, tord, raison, peut importe, rester soi même, debout ( car il faut rester debout, qui pour une raison, qui pour une autre, les accidents de vie ne ratent personne ) me semble bien plus important.
Bien à vous Gilles et respect.
Evelyne Roux
#9 - Le 08 mars 2011 à 12h17 par Bruno Jean PALARD, Toulouse
"On peut jouer avec les mots très longtemps, mon chemin c'est mon humanisme, et il est "truffé" d'erreurs."

Gilles,

Preuve que l'erreur est humaine.

Les mots sont les outils privilégiés du dialogue.
Le dialogue est l'outil par excellence de l'humanisme.

Donc dialoguer avec Christophe Priou te remettra en accord avec toi-même.

BJP
#10 - Le 11 mars 2011 à 16h44 par bernier gilles, Guerande
VENDREDI 11 MARS 2O11
Le Conseil Constitutionnel viend de décider sur 13 points de la loi oppsi 2, et censure larticle sur l'expulsion de gens sur un terrain......
a vous de lire et de voir la suite.....
C'est pour moi une petite jonquille qui pousse dans ma tete.
#11 - Le 26 mars 2011 à 18h33 par Samuel Guillaume, Le Pouliguen
Bonjour,

Je voudrais adresser tout mon soutien à Gilles Bernier.
Je suis cette histoire depuis la parution de l'article de guérande-infos (qui fait d'ailleurs, je trouve, un très bon travail) sur l'expulsion de Mr. Bernier.

J'apporte mon soutien disais-je, car comme beaucoup je trouve que nous évoluons dans un monde où l'idée même de liberté individuelle, de ne pas totalement contrôler les gens en fait frissonner plus d'un.

De plus, le modèle de vie qu'avait choisi Gilles est un idéal à mes yeux que j'espère atteindre: petit gars de la Presqu'île, je souhaite devenir paludier (j'attends d'ailleurs la réponse à mon inscription pour la formation de La Turballe), et ai pour projet également de développer une activité maraichère.
Enfin, amoureux des cultures amérindiennes, j'aspire aussi à vivre en tipi (ou yourte).

En espérant que dans les années futures, les modèles de vie dits "alternatifs" soient enfin acceptés et respectés pour ce qu'ils sont.


Bien amicalement Gilles,
Samuel Guillaume,
Pouliguennais rêveur de 19 ans.

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